Pour une reconnaissance de l’expertise et du soin infirmier
La promotion du métier d’infirmier et la conquête de la reconnaissance de son expertise
spécifique représente un axe majeur de l’Ordre pour les années à venir. De fait, face aux
enjeux de santé publique actuels (vieillissement de la population, augmentation des
maladies chroniques…), la place et le rôle de l’infirmier, de son apport scientifique en
termes de santé publique ne vont cesser de croître. Pour Dominique Le Boeuf, «
il est
légitime que les infirmiers soient non seulement les interlocuteurs mais disposent
également d’un “droit de vote” au sein des différentes instances de santé en France bien
que la Loi HPST ait fait disparaître les infirmiers et leur expertise des instances de
gouvernance prévue par celle-ci. Pour ne prendre que deux exemples, la lutte contre les
escarres qui ont aujourd’hui quasiment disparus grâce aux soins infirmiers ou
l’accompagnement infirmer au quotidien dans des périodes spécifiques, canicule,
infections en communauté scolaire…, la légitimité de l’infirmier est aujourd’hui pleine et
entière encore faut-il la faire reconnaître !
». En émettant des avis et en soumettant des
propositions aux Autorités nationales et européennes de santé, en contribuant à
l’élaboration et la diffusion des bonnes pratiques professionnelles et à leur évaluation, en
synergie avec la HAS, l’Ordre National permettra à l’ensemble des infirmiers de faire
évoluer leur métier (émergence des nouvelles technologies, intérêt de santé publique,
partage des données dans l’intérêt du patient, …) pour répondre aux défis de demain,
des défis dont une partie des réponses se trouvent certainement dans le développement
de la « prescription infirmière ».
Se compter, un préalable indispensable
483 380 infirmières et infirmiers exerceraient en France selon le répertoire ADELI.
Toutefois, selon les modes d’exercices (établissement public, privé, exercice libéral), les
spécialités et les territoires (les densités régionales variant de 499 infirmiers pour
100 000 habitants en région Centre à plus de 1000 en Limousin), le “flou” de la
répartition de la principale profession de santé en France se doit d’être éclairci. « Se
compter aujourd’hui, nous permettra de préparer demain et d’anticiper sur les 200 000
emplois à créer à l’horizon 2015 » a ajouté la Présidente de la Commission Déontologie
Madame Kine Veyer.
Une déontologie claire
Mission essentielle et primordiale du Conseil national de l’Ordre, le code de déontologie
actuellement en préparation a non seulement pour but de régir les règles d’exercice de la
profession mais doit également être un guide pratique dans l’exercice quotidien. Il doit
guider la réflexion et permettre de développer une prospective.
Des moyens d’agir au niveau individuel et collectif
Agir individuellement passe par la mise en place de bonnes pratiques et leur évaluation
mais également par le développement d’une formation initiale forte, de type Licence -
Master - Doctorat, en adéquation avec les besoins de santé et les équivalences
européennes. Dès son installation, le Conseil national a donc rappelé la nécessité de
l’intégration de la formation infirmière à l’université et la reconnaissance de la discipline
en sciences infirmières comme cela est le cas dans la majorité des pays européens.
En parallèle de cette nouvelle dotation d’action individuelle, l’Ordre National des
Infirmiers représente un réel collectif. Représentant près de 500 000 professionnels, il est
en phase finale de construction de sa propre organisation. Avec le premier appel à
cotisation voté par le conseil pour juillet prochain, fixé par une large majorité des
membres présents du Conseil national à 75 €, l’Ordre national disposera également
d’une réelle indépendance de fonctionnement, l’intégralité de son budget reposant sur
ces cotisations.
Disponible dans les actualités ou en cliquant sur ce lien le dossier de presse du CNOI :
DP_Ordre_National_des_Infirmiers_-_17_juin_2009.pdf