Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /2009 09:46
Article du journal L'ardennais



Givet  Médecin du 15 : « On se fait insulter tous les jours »



 

En réponse aux appels au 15, le médecin régulateur dépêche sur les lieux, soit une ambulance, soit une équipe du Samu dans les cas jugés les plus graves.

Samedi, Francia Monfroy se sent mal. Sa fille appelle le Samu. Mais, la prise en charge de la sexagénaire n'a pas été satisfaisante, selon la famille. L'équipe du 15, elle, se plaint d'avoir été malmenée.

L'INCIDENT qui s'est produit samedi entre un usager de Fumay et le service médical d'urgence (Samu) est difficile à démêler. Il y a d'une part les dires d'une famille inquiète et d'autre part, ceux d'un service d'urgence qui indique avoir reçu des menaces. Vers 9 h 15, samedi dernier, Francia Monfroy, 65 ans, qui habite rue des Déportés, à Fumay, ne se sent pas bien. Elle appelle sa fille Sylvie Huart, qui réside rue Jean Jaurès. « Elle avait la voix toute tremblotante, elle m'a dit « je vais mourir », raconte sa fille. Son gendre se rend chez Mme Monfroy. Sa fille arrive quelques minutes plus tard. « Elle était en sueur et ne savait pas dire exactement où elle avait mal. J'ai dit à mon mari d'appeler les secours », poursuit Mme Huart. Il s'exécute.
Selon sa femme, il était environ 10 heures moins vingt. « Mon mari m'a passé l'appel. Un urgentiste m'a demandé les symptômes de ma mère. Je lui ai proposé d'emmener ma mère à Fumay. Mais lui m'a dit qu'il valait mieux la transporter à Charleville-Mézières pour faire son IRM », assure Sylvie Huart. Une heure d'attente La fille de la patiente assure qu'une ambulance privée est arrivée « une heure après ». « Je les ai appelés quatre fois. Une première fois ils m'ont dit que je venais d'appeler il y a sept minutes. Une deuxième fois, il m'a dit que l'ambulance était en route et ensuite, je leur ai dit que je l'emmènerai moi-même à Fumay car je voyais que son état s'aggravait. Elle disait qu'elle sentait des picotements au cœur, qu'elle avait très très mal à la tête, aux mains ainsi qu'aux bras », poursuit la Fumacienne. Lorsque l'ambulance arrive, Mme Huart s'énerve. « Dans la pièce, il y avait ma grand-mère qui était alitée et ma mère malade.
 Et les ambulanciers m'ont demandé laquelle d'entre elles était malade. Je me suis énervée et je leur ai dit que c'était évident. Ensuite, l'ambulancier m'a demandé sa carte de sécurité sociale et a rempli les papiers. Mais moi, j'ai trouvé qu'il y avait plus urgent à faire. Ensuite, il a téléphoné à un urgentiste pour faire un compte rendu. Après son appel, l'ambulancier m'a dit qu'il allait transporter ma mère à Fumay », poursuit Mme Huart. Elle s'y oppose et rappelle l'urgentiste pour lui exposer que, dès le départ, elle aurait pu emmener elle-même sa mère à Fumay, en précisant que dans cet hôpital, il n'est pas possible de faire de scanner. 5 à 10 % des appels sont urgents Le Samu rapporte que Mme Huart aurait eu un comportement « hystérique ».
« Elle m'a dit qu'elle allait casser les carreaux des pompiers et faire venir la police et la presse », rapporte la standardiste du 15. Par ailleurs, le médecin régulateur du 15 explique que Mme Monfroy n'a pas été transportée à l'hôpital de Charleville-Mézières « parce qu'elle n'en avait pas besoin ». « Elle est repartie de l'hôpital de Fumay sur ses deux pieds. C'était simplement une migraine. Sa fille était également très désagréable avec le personnel de l'hôpital de Fumay », rapporte un autre membre du 15. Le médecin régulateur visiblement excédé indique : « Tous les jours, on se fait insulter. Nous recevons environ 400 appels pour tout le département. Et 5 % à 10 % d'entre eux relèvent vraiment des urgences. » Arlyne Jeannot

Auteur :
Article paru le : 11 février 2009



Info relevée par Valérie


Par vincent
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