ARTICLE ISSU DU JOURNAL "L' ARDENNAIS"
En présentant hier à l'Assemblée son vaste projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoire », la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a tenté de concilier les principes de lutte contre
les déserts médicaux et de liberté d'installation des médecins. « L'accès aux soins est une priorité absolue », a décrété la ministre en présentant le texte qui va occuper les députés pendant
trois bonnes semaines.
« Puisque cette réforme se veut préventive, nous devons aussi nous donner les moyens de mieux organiser l'offre de soins dans le respect de la liberté d'installation ».
« Etant donné que 70 % des médecins s'installent dans la région où ils ont fait leurs études, il importe de former les médecins là où leur présence est la plus nécessaire », a-t-elle
ajouté. La ministre tentait de déminer un aspect sensible de la loi. Après de longues années d'études, les médecins sont en effet très attachés à leur liberté de poser leur plaque là où ils
souhaitent. Les députés ont prévu un amendement pour encourager financièrement les jeunes médecins à ne pas délaisser les déserts médicaux (banlieues, zones rurales…). Un autre amendement PS plus
coercitif entendrait dissuader l'installation dans des zones denses en médecins, a indiqué le député PS de Paris Jean-Marie Le Guen.
Le texte veut aussi « moderniser notre hôpital, simplifier les procédures, assouplir l'organisation interne des établissements » : « Des hôpitaux mieux adaptés sont aussi des hôpitaux plus sûrs
», a déclaré la ministre. « J'entends renforcer le dialogue entre l'hôpital, le secteur ambulatoire et le secteur médico-social », a-t-elle ajouté. Instaurées par la loi, des Agences régionales
de santé (ARS) doivent « renforcer l'ancrage territorial des politiques de santé en tenant mieux compte des besoins et des spécificités de chaque territoire ».
« Intégrer au sein d'agences de dimension régionale un secteur médico-social qui rassemble près de 20.000 établissements, plus d'un million de places, 18 milliards d'euros de budget de
fonctionnement et 700.000 agents, ce n'est pas une mince affaire », a estimé la secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard. Enfin le texte mettra l'accent sur la prévention.
Alors que certains députés hésitent sur la prohibition totale de l'alcool pour les 16-18 ans, Mme Bachelot a dramatisé le propos : « Choisit-on d'être maire ou sous-préfet pour annoncer à des
parents que l'on tire de leur sommeil un dimanche matin que leur enfant de 19 ans est décédé sur la route pour avoir trop bu ? ».
Article paru le : 11 février 2009
Info relevée par Valérie