Quand des médecins urgentistes voient arriver des parents avec un enfant couvert de « bleus », il est légitime qu'ils s'inquiètent de savoir d'où proviennent les ecchymoses. Or, comme ils sont
malheureusement bien placés pour savoir que cela arrive, ils sont tentés de soupçonner, a priori, des faits de maltraitance.
C'est ce qui était arrivé, à l'hôpital de Sedan, lorsque Franck C… y avait fait irruption, flanqué de sa compagne, avec dans les bras un garçonnet présentant des marques de coups et de
griffures.
Mais, l'inquisition du médecin et du pédiatre n'avait pas plu du tout au couple et Franck, furieux, les avait alors menacés de « revenir avec un fusil et de tirer dans le tas » ! En fin de
compte, de maltraitance il n'y avait pas eu. L'enfant s'était simplement « battu » avec une petite camarade de jeu.
Mais la menace, elle, avait bien été proférée. Du coup, Franck comparaissait, mercredi, devant le tribunal correctionnel, déjà titulaire de trois condamnations pour des motifs analogues.
Me Patrick Manil qui le défendait, a expliqué que son client est un être rustre, un ouvrier forestier, déjà en butte à des problèmes de garde d'enfants avec sa précédente compagne, qui a été
outragé par l'attitude suspicieuse des médecins à son endroit. Et que cela, comme il est impulsif, a suscité sa colère et ses propos excessifs. Le substitut avait requis deux mois de prison avec
sursis.
Le tribunal lui en a infligé trois, car les toubibs d'un hôpital n'ont pas vocation à être menacés de mort.
Article paru le : 6 février 2009
Info. relevée par Valérie